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Qui sommes-nous

LE MOT DU PRÉSIDENT

Chères Consœurs, Chers Confrères,

Le droit repose, dans chaque société, sur un socle de valeurs partagées. Et c’est peut-être l’un des maux de la société française aujourd’hui, et dans
une certaine mesure de notre profession, que la décorrélation du droit et des valeurs. Leur découplage observé peut être porteur de graves conséquences, comme on le voit avec l’introduction irresponsable de la commercialité dans l’un de nos métiers – le conseil -, sans se soucier des conséquences sur la seconde composante de notre profession, l’audit. Transiger avec notre indépendance remet en question notre identité professionnelle.

Dans une société française atomisée, aux valeurs devenues floues et en proie au doute constant, s’il est bien un principe sur lequel nous devons nous
appuyer, c’est bien celui de responsabilité ; non seulement parce que devoir répondre de ses actes est une valeur inhérente à toute communauté
organisée, mais encore parce que cette obligation est d’autant plus grande que les membres de cette communauté sont interdépendants. Or ces
interdépendances sont de plus en plus fortes et visibles, que ce soit entre les individus, entre les entreprises ou entre l’État et la société civile. À titre
d’exemple, nous savons tous que la faiblesse des taux d’intérêt auxquels la France emprunte relève pour une grande part de la capacité à collecter l’impôt, et donc du sérieux des comptes annuels et des calculs préalables aux déclarations. Telle est l’étendue de notre responsabilité collective.

Le libéralisme classique – quand il n’est pas dévoyé – ne postule rien d’autre que cette éthique de la responsabilité. Nous sommes individuellement
et collectivement les héritiers, mais aussi les gardiens de cette tradition philosophique et politique. Nous avons donc le devoir d’être au rendez-vous de cet immense défi.

Pour la profession, cela consiste avant tout à faire le choix du réalisme en regardant la société telle qu’elle est et non telle que nous la rêvons. En un mot, si vous m’autorisez la formule, cela consiste à ne pas se raconter d’histoires. Et, sur ce point, force est de constater que le compte n’y est pas. On entend encore trop souvent ces discours passéistes qui, avec une touche de paternalisme, nient la réalité vécue par les confrères.

Alors, pour envisager sereinement notre avenir commun, il nous faut établir lucidement et froidement un diagnostic partagé et oser admettre des
vérités simples :

  • Oui, le métier d’expert-comptable est déjà partiellement déréglementé et tendra à l’être intégralement dans les prochaines années ;
  • Oui, le métier de commissaire aux comptes sera réservé à 1 500 professionnels dans les prochaines années ;
  • Oui, de ce constat, il faut tirer les conséquences, dont la première est la séparation réaffirmée des deux métiers et, surtout, des deux instances ;
  • Oui, nos instances ne sont plus représentatives de la profession, notamment en ce qui concerne les petits cabinets ;
  • Oui, nos élus ont été et restent incapables d’imaginer de nouveaux marchés ;
  • Oui, à l’heure des réformes territoriales tous azimuts, nous ne pourrons pas faire l’économie d’une réorganisation des instances qui régissent notre profession. C’est l’objet de ma proposition pour les compagnies régionales, qui a ému nombre d’entre vous, et demain pour les conseils régionaux.

Que nous cessions d’être une profession réglementée n’a rien d’effrayant, pourvu que nous soyons capables d’évoluer collectivement vers une profession organisée et autorégulée, c’est-à- dire forte de ses valeurs et de ses savoir-faire, structurée et